La première étape est l'état des lieux qui consiste à

  1. Déterminer les débits réellement disponibles chez les citoyens.
  2. Avoir une cartographie précise des fourreaux disponibles qui permettront de minimiser les coûts de génie civil (électricité, et autres)
  3. Recenser les opérateurs de fibre ou les fibres existantes sur lesquels le projet local pourra s'appuyer (SNCF, RATP, IRISE, France Telecom)

En effet, même si une commune est réputée connectée à l'ADSL, la réalité est en général très contrastée avec un débit constaté inférieur à 4 Mbits pour 20% à 40% de la commune. Avant donc de parler de fibre, il est important de bien comprendre la couverture réelle. Des techniques très simples permettent de faire une véritable cartographie du débit réellement disponible. Cette cartographie des débits réels est fondamentale et peut se faire en quelques heures. C'est un élément essentiel de communication et il permet à la collectivité locale de déterminer ses priorités.

Pour mémoire, les débits réellement disponible sur la France entière, publiés par l'ART ont la répartition suivante:

Répartition des paires de cuivre dans le réseau FT
Taux    Affaiblissement entre NRA        Débit  max 
                 et Abonné             ADSL ADSL2+ 
10%     <15 décibels                      16 Mbps
34%     15 décibels< <30 décibels         12 Mbps
29%     30 décibels< <45 décibels         5 Mbps
19%     45 décibels< <60 décibels         2 Mbps
6%      60 décibels< <75 décibels         0,5 Mbps
2%      >75 décibels                      Pas d'ADSL

Ainsi la politique d'une collectivité territoriale pourra s'articuler autour des axes suivant (à préciser au cas par cas). L’objectif de l’état des lieux est de définir plus précisément et de manière opérationnelle comment articuler les priorités

  1. Favoriser le très haut débit dans les zones d'activité
  2. Faire en sorte que les zones résidentielles identifiées comme mal desservies (en principe avec débit <5 Mbits) puissent rapidement bénéficier de 10Mbits
  3. Préparer le très haut débit (en principe 60Mbits symétrique sont suffisants) et lancer une initiative très haut débit
  4. Utiliser cette infrastructure pour optimiser les coûts télécom des infrastructures communales

Néanmoins, une attention particulière devra être apportée à la population qui dispose de moins de 5 Mbits. C'est en effet cette population qui risque fort d'être laissée pour compte dans les déploiements du très haut débit. Alors que les zones géographiquement favorisées vont pouvoir bénéficier des investissements privés, les zones en question risquent de rester à 5 Mbits si les collectivités territoriales n’agissent pas. Et dans deux ou trois ans ces débits, qui sont aujourd’hui suffisants, deviendront insuffisants.