Le Haut Débit est une réalité en France, et tout le monde s’accorde à dire que la France est le pays le plus en avancé dans ce domaine. L’observatoire de l’Arcep est éloquent et indique 11,76 millions d’abonnements haut-débit, soit 40% des foyers environ.

arcep hd

Néanmoins la faible densité de population en France par rapport à nos voisins, ainsi que la distance moyenne entre les habitations et les NRA (Nœud de Raccordement d’Abonnés) amène à relativité ce satisfécit. A la fin de Janvier 2007, 8% des NRA de France Telecom ne sont pas équipés ADSL.

Ce qui fait que 1% environ des français ne sont pas éligibles à l’ADSL. Plus grave, comme le montre les statistiques ci-dessous du réseau de France Télécom publiées par l’ARCEP sur les longueurs des paires de cuivre:

Zones blanches ARCEP

56% des foyers connectés en ADSL sont limités à 5 Mbits par seconde. Ce débit est acceptable aujourd'hui pour les usages simples de l'Internet.

Néanmoins l’arrivée de la TV haute définition et du web2.0 nécessitera des débits bien supérieurs : pour avoir simultanément accès à deux chaînes hautes définitions et partager des vidéos avec des tiers, un débit de l’ordre de 30 Mbits par seconde sera nécessaire. Et ce débit devra être symétrique : c'est ce que l'on appelle le très haut débit. Une politique du très haut débit est donc nécessaire, car les opérateurs télécom vont se concentrer sur les marchés les plus rentables et risquent fort de laisser tomber les 56% de foyers mal desservis, au moins pendant les premières années de déploiement du très haut débit. En effet le coût d’investissement pour équiper en très haut débit les zones non denses est deux à trois fois supérieur à l’investissement nécessaire à l’équipement des zones denses (2000€ à 4000€ par foyer contre 1000€ par foyer dans Paris Intra muros).

Pour équiper la France en Très Haut Débit, deux technologies s’affrontent comme partout dans le monde :

  1. FTTH : Fiber to the Home, c'est-à-dire apporter la fibre jusqu’au logement
  2. FTTC : Fiber to the curve, c'est-à-dire porter la fibre jusqu’à 500 mètres du logement et réutiliser la paire de cuivre existante pour les 500 derniers mètres.

Les deux technologies permettent toutes les deux d’atteindre 50 Mbits en symétriques :

  1. Le FTTH est très évolutif et permettra sans investissement complémentaire d’obtenir des débits 10 fois supérieurs. Mais l’investissement est entre 5 et 10 fois supérieur au FTTC et nécessite du génie civil important (sauf si les égouts ou des fourreaux existants sont utilisables) si on veut éviter de voir des câbles aériens comme en Asie et aux Etats-Unis.
  2. Le FTTC permet ainsi à un coût bien moindre d’équiper les zones pavillonnaires que les opérateurs privés risquent de délaisser. Il permet 50 Mbits symétrique et nécessitera d'être complété par la fibre jusqu'au domicile le jour ou cela sera nécessaire.

En effet, l’estimation courante des investissements nécessaires pour équiper la France en fibre est de l’ordre de 50 Milliards d’€, alors que Free et France Telecom annoncent des investissements totaux de l’ordre de 4 Milliards d’€ d’ici 2012. Même si l’investissement privés continue à un rythme de 3 Milliards d’€ par an, il faudrait 15 à 20 ans pour mettre de la fibre dans tous les foyers. C’est pourquoi la France doit sérieusement regarder les technologies FTTC qui sont en place ou en cours de déploiement en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis.

Pour aider au déploiement du très haut débit, les collectivités locales disposent maintenant d’armes : L’article L. 1425-1 du code général des collectivités locales publié en juin 2004 dispose que " les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent, établir et exploiter sur leur territoire des infrastructures et des réseaux de télécommunications au sens du 3° et du 15° de l'article L. 32 du code des postes et télécommunications . Ils peuvent mettre de telles infrastructures ou réseaux à disposition d'opérateurs ou d'utilisateurs de réseaux indépendants ".

L’ARCEP a publié sur son site le 23 janvier 2006 http://www.arcep.fr/index.php?id=7103 une synthèse des modes d’action possible.

Ce document a été complété par un document point de repère sur le très haut débit publié le 10 Novembre 2006 ARCEP : Le très haut débit - Points de repère et perspectives